Actualité

Bureau

Innovations

Penser la ville

L’immeuble serviciel

04/04/2017 18:46
Imprimer  |  Ajouter aux favoris

Davantage de services à l’occupant en entreprise, c’est avant tout garantir une meilleure productivité en limitant l’absentéisme et en réglant les questions d’équilibre entre vie privée et vie professionnelle. Ces services sont indissociables des services à l’immeuble, qui permettent d’optimiser l’utilisation du bâtiment tertiaire mais également d’améliorer le confort des usagers au quotidien. Une étude de l'Observatoire de l'Immobilier Durable (OID) parue le 21 février 2017, rappelle que le confort et le bien-être au bureau demeurent les principales préoccupations des salariés.

 

Parisoma-betahaus_daniel_seiffert-immomcq

Des espaces au service des usages

 

Le desk sharing, le télétravail et les nouvelles technologies rendent le collaborateur de plus en plus nomade. Il est libre de travailler dans n’importe quel espace de l’entreprise, et même en dehors :

  • A son domicile ;
  • Dans des tiers-lieux non professionnels comme les cafés Wi-Fi, les business lounges de gares et d’aéroport, les transports individuels et collectifs ;
  • Dans des tiers-lieux professionnels comme les bureaux de proximité, les centres d’affaires ;
  • Dans des tiers-lieux d’innovation que sont les espaces de coworking, hackerspaces et autres fablabs.

 

Dans une économie de plus en plus servicielle, les utilisateurs des espaces de coworking souhaitent bénéficier de l’usage d’espaces de bureaux sans en être propriétaires. La flexibilité totale et la tarification à l’usage par un système d’abonnement expliquent le succès rencontré par cette nouvelle typologie d’espaces de travail. Les espaces et les services associés doivent permettre aux utilisateurs de bénéficier de réponses personnalisées à leurs préoccupations, de manière instantanée. Le travail dans les tiers-lieux ainsi que le flex office ont permis aux entreprises de libérer des mètres carrés ou de les consacrer à d’autres types d’espaces, le plus souvent collectifs.

Les entreprises évoluent dans un environnement caractérisé par la volatilité, l’incertitude, la complexité et l’ambiguïté (cf. l’acronyme anglais VUCA : Volatile, Uncertain, Complex, Ambiguous). Quand les entreprises déménagent pour des locaux clés en main, elles cherchent à rationaliser leurs espaces de travail, achètent ou louent les seuls mètres carrés dont elles ont besoin. Ne pouvant se projeter très loin, elles doivent pouvoir augmenter ou réduire leurs surfaces en fonction du dynamisme de leur activité, et modifier leur aménagement en fonction de leurs besoins. Les sites doivent être pensés comme des lieux évolutifs, avec la possibilité d’avoir des plateaux supplémentaires, d’ajouter ou de supprimer des postes de travail, de bouger les cloisons. Nous assistons à l'émergence de lieux qui peuvent avoir plusieurs fonctions. Le restaurant d'entreprise pourra servir de lieu de réunion à certaines heures, de même que les espaces verts, le hall d'entrée ou même la cage d’escalier. À condition, bien sûr, que tous ces espaces soient connectés au Wi-Fi.

Les spécialistes du secteur savent se montrer flexibles et beaucoup de bailleurs permettent désormais à leurs locataires de sous-louer bureaux, espaces de réunion, amphithéâtre, etc. De plus en plus de grandes entreprises proposent de louer leurs espaces inoccupés, dans le but de développer plus de transversalité en interne, mais aussi de faire en sorte que ces lieux soient ouverts à des équipes externes. De fait, ce type d’ouverture s’applique aussi bien à des structures partenaires qu’à d’autres, plus extérieures, afin de stimuler l’« open innovation », souvent bridée à cause de processus lourds dans les grands groupes. On parle alors de corporate working ou de corpoworking (« mes locaux pour coworking, contre ton regard neuf »). dPOP! (People, Office and Places), un cabinet d’architectes d’intérieur basé à Détroit, invite des clients et des amis, mais aussi de parfaits étrangers à venir travailler dans ses bureaux. MongoDB, un éditeur de bases de données, propose également des horaires d’ouverture au public à Dublin, Londres et Palo Alto. Google Monde bénéficie de bureaux communautaires à certaines heures dont peuvent disposer les petites entreprises et les entreprises à but non lucratif pour promouvoir leurs produits. En France, le phénomène en est encore à ses balbutiements, comme le démontre la première étude sur le sujet réalisée par HR&D. La société Orange, avec la « Villa Bonne Nouvelle », semble être l’exemple le plus abouti du genre.

 

Le siège social comme centre de services

Si le salarié peut travailler de partout, si les entreprises s’éloignent des centres villes, si les bureaux ne sont plus attitrés, si les jeunes générations sont moins attachées à passer toute leur carrière dans la même entreprise, le siège social se doit d’être particulièrement attractif. Pour ne pas perdre la culture et l’esprit d’entreprise, il faut donner envie au collaborateur de revenir au bureau. La notion de bien-être des salariés doit se replacer dans le cadre de la compétition pour attirer et retenir les talents à laquelle se livrent actuellement les entreprises. Pour séduire et recruter les profils data et digitaux, tout ne se joue pas avec le salaire.

Les environnements doivent être de plus en plus flexibles pour répondre aux activités successives des collaborateurs : travail individuel et de concentration, réunions d’équipe, discussions informelles, moments de détente et de convivialité… et pour s’adapter aux nouveaux modes de travail : nomadisme, travail ponctuel en mode projet, travail à distance, etc. Les open spaces comportent ainsi des espaces clos, afin que les salariés puissent s'isoler pour passer un appel téléphonique, se regrouper pour une réunion ou se reposer.

 

Mens sana in corpore sano

Le siège social devient un centre de services et de ressources, compensant son relatif éloignement des commerces de proximité. Le monde de l’entreprise assume des tâches jusque-là prises en charge dans la sphère privée des collaborateurs : salle de sport, conciergerie (pressing, cordonnerie, retouches…), bien-être (coiffeur, massage…), assistance administrative (passeport, préfecture, mairie…), crèche d’entreprise et garde d’enfants, agence de voyages, etc.

 

>>> Découvrir la cartographie des services aux occupants

 

Les demandes de services les plus fréquentes concernent des espaces verts, des salles où travailler sans bruit ambiant, et bien sûr - car nous sommes en France - un service de restauration de qualité. Les nouveaux projets sortant de terre comportent des salles de fitness, davantage d'espaces de convivialité, voire des chaînes comme Starbucks en leur sein. Starbucks veut d’ailleurs installer des distributeurs automatiques dans toutes les entreprises françaises de plus de 200 salariés, dans les secteurs de l’industrie et des services.

Pour l’entreprise, il ne s’agit plus uniquement de mettre en place de simples services à l’occupant, mais également de s’occuper de leurs loisirs, de leur santé. Elle se pose en garante de l’équilibre mental et physique du salarié : cuisine légère et bio, paniers de fruits à disposition, centre fitness et salle de sieste, mais aussi coaching mental, développement personnel et bilan émotionnel du salarié.

 

Une nouvelle tendance : externaliser la gestion des services

L’entreprise œuvre à la mise en place d'un environnement de travail répondant aux besoins des salariés, tout en veillant au bon respect des normes d'hygiène et de sécurité, à la maîtrise des coûts ainsi qu'à l'optimisation de la qualité et l’efficacité des services rendus.

Accueil et réception, gestion de l’accueil téléphonique, restauration d’entreprise, service courrier, service reprographie, gestion des salles de réunion, service de gardiennage et de sûreté, service de propreté, enlèvement des déchets, distribution automatique de boissons… les services aux occupants 3.0 sont devenus multi techniques et multi services. Les prestataires sont en pleine mutation de leurs modes de travail. Ils se modernisent et se digitalisent. Dans un avenir proche, une entreprise de propreté pourra, grâce à des écrans et des caméras, se déplacer dans un immeuble afin d’obtenir les données nécessaires au déclenchement d’actions de propreté et de maintenance à distance. Les entreprises doivent maîtriser les nouveaux modes de travail de ces prestataires de services pour mieux les piloter.

Ainsi, les services à l’occupant et à la personne sont de plus en plus externalisés et gérés à distance par un prestataire unique, à la fois pour libérer des mètres carrés, mais aussi pour permettre à l’entreprise de se concentrer sur son cœur de métier et augmenter ainsi sa productivité. Une externalisation de services aux occupants permet de disposer de prestations de service de qualité aux meilleurs coûts, d’externaliser les contraintes administratives et réglementaires inhérents à la gestion de contrats de prestations parfois complexes, et de disposer des outils de gestion les plus modernes grâce un benchmarking permanent.

 

Immeuble connecté, gestion optimisée

Le bouleversement de la conception des bâtiments grâce au BIM (Building Information Modeling), est une des résultantes du développement du numérique dans le secteur immobilier. Comme le BIM, la gestion technique du bâtiment s’enrichit désormais des technologies et process issus du big data. Le développement du numérique dans le secteur de l’immobilier correspond à l’explosion des flux d’informations et des données qu’il faut alors collecter, trier et analyser. Ces informations permettent au final d’éclairer certaines décisions (financières, techniques…) en prenant en compte des champs multidimensionnels et de créer des outils plus performants afin d’offrir de nouveaux services.

À travers des outils de lecture simplifiés et accessibles, les utilisateurs peuvent suivre les dépenses énergétiques des bâtiments en temps réel (chauffage ou refroidissement, sûreté, éclairage et ventilation) et adopter ainsi de nouvelles pratiques responsables pour agir au quotidien sur la réduction des dépenses des bâtiments.

 

Des applications pour une meilleure gestion des bâtiments

L’application Deepki Ready, développée par la start-up Deepki, identifie à distance sur des parcs immobiliers les économies d’énergie et de charges, sans installation de compteurs ni réalisation d’audit. En croisant des données patrimoniales, techniques, énergétiques et d’activité du patrimoine, et, grâce à des algorithmes statistiques et des modèles prédictifs, elle analyse le patrimoine et propose des actions concrètes d’amélioration de la performance énergétique.

La start-up allemande NavVis expose pour la première fois au MIPIM, avec un appareil de cartographie intérieure inédit qui permet aux entreprises et aux collectivités locales de numériser l'intérieur de bâtiments en un temps record. Son robot à roulettes parcourt la surface du bâtiment et le scanne en moins de 20 minutes. Cette technologie de numérisation des bâtiments et, par extension de villes entières, facilitera la tâche des autorités locales souhaitant planifier des rénovations, mais également gérer des sites de construction plus facilement.

Intent Technologies, jeune start-up française, souhaite, grâce à sa plateforme IntentOS « faire du bâtiment un grand smartphone » en développant un système d’exploitation du bâtiment qui permettrait de collecter et de traiter en temps réel de très gros volumes de données. Chacune de ces données sera ensuite utilisée à travers des applications développées spécifiquement pour les différents métiers/usages d’un bâtiment.

Autres articles susceptibles de vous intéresser :

Imprimer  |  Ajouter aux favoris

Réagissez !

Ajouter un commentaire 0 commentaire
  • Aucun commentaire

Laisser un commentaire

www.limmobilierdunmondequichange.fr/limmeuble-serviciel/ - 23-04-2017
L'immobilier d'un monde qui change, site édité par BNP Paribas Real Estate