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Data dans l’immobilier : à quoi sert-elle et comment la traiter ?

14/09/2017 11:04
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Le développement du numérique dans le secteur de l’immobilier correspond à l’explosion des flux d’informations et des données qu’il faut alors collecter, trier et analyser. À quels besoins répond la data ? Quels sont ses enjeux pour l’immobilier ? Quels sont les outils pour l’utiliser ?

Data dans l’immobilier : à quoi sert-elle et comment la traiter ?

Data dans l’immobilier : quelles données récolter ?

Le bouleversement de la conception des bâtiments grâce au BIM (Building Information Modeling), est une des résultantes du développement du numérique dans le secteur immobilier. Comme le BIM, la gestion technique du bâtiment s’enrichit désormais des technologies et process issus du big data. Afin de mesurer la performance de leurs biens immobiliers, les utilisateurs et les investisseurs peuvent se doter d’indicateurs de performances qui découlent de la collecte de la Data tout au long de la phase d’exploitation de l’immeuble. Les informations recueillies permettent de créer une véritable carte d’identité numérique du bâtiment, de diminuer les coûts, d’augmenter l’efficacité et le bien-être dans le but d’augmenter la valeur de l’actif.

La technologie du Big Data assiste les entreprises dans leur prise de décision en leur permettant d’observer précisément leur marché et d’en tirer les analyses dont elles ont besoin. Elles servent à éclairer certaines décisions (financières, techniques…) en prenant en compte des champs multidimensionnels. À travers des outils de lecture simplifiés et accessibles, les utilisateurs peuvent suivre les dépenses énergétiques des bâtiments en temps réel (chauffage ou refroidissement, sûreté, éclairage et ventilation) et adopter ainsi de nouvelles pratiques responsables pour agir au quotidien sur la réduction des dépenses des bâtiments. De plus en plus d’applications permettent de croiser des données patrimoniales, techniques, énergétiques et d’activité du patrimoine et, grâce à des algorithmes statistiques et des modèles prédictifs, d’analyser le patrimoine et de proposer des actions concrètes d’amélioration de la performance énergétique.

Hormis les data du bâtiment à proprement parler, d’autres types de données relatives au marché et à l’environnement peuvent être utiles lors de la réalisation de projets immobiliers, par exemple le nombre de transactions d’une zone, l’évolution des prix, le nombre de constructions démarrées, les investissements en matière d’énergie renouvelable, le nombre de commerces, le type de personnes qui vivent sur une zone donnée, le taux de criminalité, de pollution, le nombre de restaurants, la notation du quartier, la densité de transports, le taux d’ensoleillement, les nuisances sonores... Bien sûr, ces listes ne sont pas exhaustives.

 

Des applications pour une meilleure gestion des bâtiments

Le MIPIM, grand-messe internationale de l’immobilier de bureau, s’est tenu comme à l’accoutumée à Cannes, du 14 au 17 mars 2017. Les thèmes des conférences oscillaient entre big data, smart buildings, BIM et villes intelligentes. L’investissement lié aux technologies de l’immobilier a fait l’objet de longues discussions lors du RE-Invest Summit, le sommet des investisseurs institutionnels. Un des événements phares de cette édition était la grande finale de la « Startup competition » lancée en 2016. Elle a suivi le MIPIM lors de ses éditions à New York, Londres et Hong Kong, jusqu’à départager les lauréats sous le soleil cannois. Les entreprises qui ont participé à la compétition ont démontré le vaste champ des technologies pouvant avoir un impact sur le monde de l’immobilier.

La société américaine Ravti a remporté la compétition dans la catégorie « Buildings » en créant un logiciel qui gère le chauffage, la ventilation et la climatisation d’un bâtiment (CVC) pour les propriétaires et gestionnaires d’immeubles. Ces ressources représentent un coût important, mais sont souvent mal gérées. Tout commence par un inventaire CVC à grande échelle. Chaque équipement est photographié et étiqueté avec un code QR, permettant de visualiser les données facilement via internet ou l’application mobile. Chacun des actifs obtient un classement CVC privé, référencé avec la base de données de Ravti (la plus grande base de données CVC au monde). Le résultat obtenu est un inventaire live de tous les actifs, complété par des données sur l’état de chaque unité ainsi que sa valeur de remplacement estimée. Ravti garantit des économies immédiates de 18 % à 40 %. Tout l’historique, l’information et les données sont conservés automatiquement sur un seul point. La start-up new-yorkaise Envelope (envelope.city) a remporté le prix dans la catégorie « Cities » avec son logiciel de cartographie urbaine en 3D permettant aux professionnels de l’immobilier de visualiser et d’analyser le potentiel de construction d’un terrain, puis de simuler des scénarios en intégrant les contraintes de zonage. L’entreprise a commencé sa modélisation par la ville de New York, mais le concept devrait rapidement s’étendre aux autres grandes métropoles du monde.

La start-up allemande NavVis a exposé pour la première fois au MIPIM, avec un appareil de cartographie intérieure qui permet aux entreprises et aux collectivités locales de numériser l’intérieur des bâtiments en un temps record avec un robot à roulettes. La jeune pousse toulousaine Rubix S&I a créé la Rubix Pod, une petite boîte carrée de 12 cm de largeur et longueur pour 5 cm d’épaisseur. La Rubix Pod analyse en temps réel la qualité de l’environnement des salariés sur le lieu de travail. Grâce à une douzaine de capteurs, elle mesure les niveaux sonores, la température, l’hygrométrie, la lumière, les particules ou encore les vibrations. La boîte donne aux salariés la possibilité de donner leur propre ressenti. « Cet outil cible à la fois les ressources humaines pour identifier les sources de nuisance et œuvrer à l’amélioration du confort des salariés, mais aussi tous les secteurs qui accueillent du public, que ce soit les centres commerciaux, les hôtels, les restaurants ou les aéroports », souligne Jean-Christophe Mifsud, le créateur de la start-up. Pour continuer son développement et assurer la commercialisation de la Rubix Pod, la start-up veut lever un million d’euros. Des fonds qui pourraient aussi être utilisés pour créer de nouveaux projets. Parmi eux, la « WatchTower », une déclinaison adaptée pour analyser la qualité de l’air extérieur. Pour l’événement Workspace Expo 2017, Haworth a accueilli sur son stand le robot Diya One. Conçu et fabriqué par Partnering Robotics, ce robot intelligent et autonome analyse et optimise la qualité de l’air dans les bâtiments tertiaires. Cette innovation 100 % française est au service du confort des occupants, de l’efficacité énergétique et de l’optimisation du pilotage des bâtiments.

La Smart Data avec notamment le Small et le Big Data, ouvre le champ des possibles.

 

L’analyse des datas, une compétence d’avenir

En moyenne, d’ici 2020, plus d’un tiers des compétences de base qui seront souhaitées par la plupart des professions ne sont pas encore considérées comme cruciales pour le travail d’aujourd’hui. Par rapport à 2015, la hiérarchie des compétences s’est déjà modifiée. Il y a plusieurs raisons à ces changements spectaculaires dans les compétences requises. Avec l’avènement des réseaux sociaux et de la connexion en mobilité, le nombre et le type de données ont évolué de façon exponentielle. Le Smart Data, c’est la réponse des entreprises à cette augmentation.

Face à la croissance rapide de la « puissance informatique », la capacité de travailler avec les datas et de prendre des décisions fondées sur les données deviendra une compétence essentielle dans de nombreuses professions. Les employeurs chercheront des collaborateurs avec des compétences solides dans l’analyse des datas, dans un monde où la quantité d’informations numériques potentiellement utiles générées et stockées augmente. Ainsi en 2020, plus d’un tiers (36 %) de tous les emplois de toutes les industries exigeront de devoir résoudre des problèmes complexes, tandis que moins de 1 emploi sur 20 (4 %) auront une exigence fondamentale pour des capacités physiques telles que la force ou la dextérité (source : http://reports.weforum.org/future-of-jobs-2016).

Pour la seconde année consécutive, la profession de Data Scientist a été élu « job le plus recherché » par Careercast.com.

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www.limmobilierdunmondequichange.fr/data-limmobilier-a-quoi-sert-traiter%E2%80%89/ - 24-10-2017
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