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Habiter dans un bureau ? Des locaux vacants sécurisés et rendus utiles

27/01/2014 10:58
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camelotDepuis quelques années, les entreprises disposant de locaux vacants peuvent les mettre à disposition de résidents temporaires. Une solution pratique dans un pays où le coût des locations explose alors que la surface de bureaux vacants est de son côté en croissance (estimée à 5 millions de mètres carrés). Si les résidents temporaires occupant de manière temporaire ces locaux vacants y trouvent de nombreux avantages, les bureaux vides en attente de nouveaux acquéreurs ont, de leur côté, tout à gagner à être occupés.

Les explications d’Olivier Berbudeau, en charge du développement de la société Camelot Property Protection, société spécialisée dans la gestion de locaux vacants.

Camelot est aujourd’hui le spécialiste européen de la gestion de locaux vacants et actuellement le seul en France sur le marché. Comment est né le projet ?

Camelot est née aux Pays-Bas en 1993, avec pour but de proposer une solution de sécurisation pour les propriétaires de locaux temporairement vacants. Le projet s’est développé dans un pays alors fortement marqué par des problématiques de squats et de vandalismes. En Hollande la formule de protection par occupation ou anti-squat existe ainsi depuis le début des années 80. Camelot a comme particularité d’avoir professionnalisé le secteur. D’une part en proposant aux pouvoirs publics un contexte juridique fiable visant à permettre aux acteurs publics de pouvoir confier la gestion de leur bâtiments et en s’imposant comme seule entreprise du secteur d’envergure européenne. La gestion de locaux vacants est ainsi très répandue aux Pays-Bas où la société compte une quarantaine de concurrents et contribue à héberger temporairement plus de 50 000 personnes !

Quand le projet est-il arrivé en France ?

Assez rapidement, Camelot a installé son activité dans d’autres pays, en Angleterre tout d’abord puis en Irlande, en Allemagne et enfin en France en 2011. Dès 2007, une structure en amont avait été créée visant à sensibiliser les pouvoirs publics français sur la nécessité de créer un contexte juridique pour développer l’activité. Suite à la loi Molle, initiée par la ministre du Logement d’alors Christine Boutin, la société a pu mettre en place son activité de préservation et de protection de locaux vacants par l’occupation de résidents temporaires.

 

Quel est le principe de la gestion de locaux vacants ?

Le principe est de proposer aux propriétaires de locaux temporairement vacants de tous types de les maintenir protégés par occupation. La simple présence de résidents temporaires réduit les risques de squats, d’intrusions, de vandalismes et de vols de matériaux (métaux, câbles, dégradations volontaires ou naturelles non-identifiées). L’occupation temporaire permet également de préserver l’état des bâtiments qui, laissés vacants, se dégradent rapidement. La présence humaine permet ainsi de répercuter les éventuels dégâts (bris de vitre, dégâts des eaux…) et d’avoir des locaux maintenus chauffés. Cette occupation humaine a aussi un effet plus large sur la valeur générale des locaux et du quartier : cela évite que les alentours immédiats ne se dégradent et ne deviennent des points de délinquance. Enfin, un dernier argument joue en la faveur de l’occupation de locaux vacants : du point de vue des assurances, il est moins risqué de maintenir un bureau occupé que vide.

 

Quels sont les avantages du point de vue des occupants ? Quelles sont leurs motivations à habiter dans un bureau ?

Les résidents temporaires ne sont pas des locataires. Ils versent une faible redevance d’occupation allant de 100 à 200 euros en fonction du lieu. Cette redevance inclut l’électricité et le chauffage qui sont à la charge du propriétaire. Pour ce prix, les occupants peuvent vivre dans des bureaux, des châteaux, ou des maisons de retraites et bénéficier de surfaces introuvables ailleurs !

Les critères de recrutement sont très précis : des cibles larges en termes d’âge (de 20 à 50 ans) mais pouvant garantir des revenus réguliers et assurer qu’ils sont capables de se reloger par eux-mêmes. Des règles de vie sont également clairement établies (pas d’enfants, pas d’animaux, pas de fêtes, pas de tabac) et des visites impromptues sont régulièrement effectuées par Camelot pour s’assurer du respect de ces règles.

Le principe peut séduire des cadres en mobilité professionnelle, des salariés arrivant tout juste dans la région ou tout simplement des profils séduits par l’idée de vivre en communauté ou d’habiter dans des locaux atypiques et originaux.

La durée moyenne de nos occupants dans les sites est de 2 à 3 ans, sachant que durant cette période ils seront vraisemblablement amenés à déménager plusieurs fois (entre 6 et 18 mois sur un même site). Aujourd’hui, on compte une centaine d’occupants dans les 30 000 m2 de nos clients.

Quel est le coût pour le propriétaire ?

Les propriétaires qui souhaitent bénéficier de nos prestations versent une redevance de gestion qui va de 500 et 3000 euros par mois suivant la taille et l’implantation du site (suivant localisation en France et surface du bien). Ils financent également les éventuels frais d’aménagement nécessaires à l’occupation de bureaux, comme l’aménagement d’un coin douche ou cuisine. En échange, les propriétaires ont la garantie de pouvoir récupérer leur bien immobilier à tout moment (1 mois de préavis) sans trêve hivernale ni changement de destination. En plus de protéger et préserver leurs locaux vacants, l’occupation temporaire leur permet également de pouvoir rassurer les futurs acquéreurs et utilisateurs qui ont l’assurance que le bien ne tombera pas en déshérence le temps d’une vente ou d’une réaffectation.

Les entreprises sont-elles réceptives au projet en France autant que dans les autres pays européens ?

Tout à fait ! Contrairement à une idée reçue, les entreprises ne sont pas du tout frileuses et ont bien compris l’intérêt qu’elles pouvaient trouver à cette occupation temporaire. Etrangement, c’est par les pouvoirs publics français que le projet est le moins bien compris : si les locaux d’Etat représentent plus 50% du CA de Camelot dans les autres pays, en France on peine à atteindre ce chiffre. Les mairies d’Amsterdam et de Berlin n’ont pas hésité à nous confier leurs locaux : à quand un réveil des mairies françaises ?!

 

Quel est l’avenir de l’occupation de locaux vacants ?

La France représente le deuxième marché de bureaux au monde. La vacance de ces locaux est plutôt à la hausse en raison du contexte économique mais également en raison de l’obsolescence du parc de bureaux avec des immeubles construits dans les années 70-80 qui arrivent en fin de vie en termes d’efficacité. La gestion de locaux vacants devrait donc aller en progressant et l’enjeu de Camelot est de rester le n°1 du marché en France.

Quant à l’avenir du métier, il est selon moi dans la mise en place de partenariats public-privé dans le cadre de redéveloppements de quartiers entiers. Il s’agira alors de gérer non plus simplement des occupations temporaires mais des occupations de durée plus longue visant à transformer entièrement des sites.

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www.limmobilierdunmondequichange.fr/habiter-dans-un-bureau-des-locaux-vacants-securises-et-rendus-utiles/ - 15-09-2019
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