Actualité

Ile de France

Vos locaux d'entreprise

Well-being

SIMI 2016 : l’Homme dans la ville

13/12/2016 11:38
Imprimer  |  Ajouter aux favoris

Vitrine du marché de l’immobilier d’entreprise français, la 15ème édition du SIMI, qui s’est tenue du 30 novembre au 2 décembre 2016 au Palais des Congrès de Paris, a permis de mettre en exergue les bouleversements que rencontre la filière immobilière. Si le Smart Building (bâtiment intelligent) était de toutes les conversations en 2015, il a laissé la place cette année à la « disruption de l’immobilier ». Le nerf de la guerre reposant sur une connaissance toujours plus fine des utilisateurs, et donc de leurs usages. L’innovation est désormais de mise, en termes de services, de management des espaces et de territoires. Ainsi le SIMI 2016 fut l’occasion pour les professionnels du secteur de redéfinir la fonction de l’immeuble et les contours des nouveaux services aux occupants à l’échelle du quartier, de la ville ou du territoire. Décryptage.

SIMI 2016 - BNP Paribas Real Estate

Disruption de l’immobilier : rupture ou continuité ?

L’industrie immobilière vit actuellement une période toute particulière de son histoire. Si, l’immobilier tertiaire a connu de véritables mutations au cours de la dernière décennie (financiarisation des actifs, professionnalisation des acteurs, crowdfunding, évolutions des modes de travail…) les évolutions sont aujourd’hui plus exponentielles, et entraînent une véritable révolution des modèles.

En cause, l’apparition de nouveaux acteurs sur le marché, le développement de la technologie, l’arrivée des nouvelles générations (X, Z, Y, Millennials…), l’évolution des modes de travail, le développement des services, le nouveau rapport à la propriété… L’entreprise est questionnée sur son essence même. Elle doit réinventer son propre business avec flexibilité et adaptabilité. En matière d’immobilier, il s’agit avant tout d’offrir autre chose qu’un espace innovant et technologique, la dimension sensitive est à explorer. L’immobilier se tourne ainsi doucement du fonctionnel vers l’humain.

En effet, si les couloirs du SIMI bruissaient de l’idée que le bâtiment devient intelligent car l’on y intègre de la technologie permettant de collecter de la data, il est de bon ton de rappeler que derrière la technologie, il y a l’Homme et sa capacité à analyser et à faire parler les données entre elles. Ainsi, grâce au Big Data, l’entreprise à accès à des données environnementales et comportementales de plus en plus nombreuses, et grâce à l’intelligence artificielle et humaine, l’analyse de ces données se fait plus fine. Elle permet d’améliorer toujours plus la compréhension des besoins des utilisateurs et d’envisager la création de services dédiés.

L’immeuble n’est donc plus uniquement apprécié en tant que tel, mais en termes d’usages, au sein d’un environnement spécifique. Nous vivons une ère de l’expérience qui a pour but de construire un mieux vivre, un mieux consommer et un mieux apprendre.

De plus, la connaissance des utilisateurs permet de bien connaitre leurs usages et de laisser plus de place à l’innovation. Cela permet aussi l’optimisation de la revalorisation immobilière à l’instar de l’immeuble de bureaux Citylights (anciennement Tours du Pont de Sèvres).

Beaucoup d’acteurs s’auto-disruptent tel que BNP Paribas Real Estate qui a présenté lors du SIMI le POD, une capsule de téléportation conçue par la start-up Vectuel et le designer Ramy Fischler. Celle-ci permet notamment de se projeter au travers d’un casque de réalité virtuelle, dans une autre dimension, pour y tenir des réunions en réseau avec d’autres utilisateurs, visiter des biens immobiliers encore au stade de projet... Thierry Laroue-Pont, Président du Directoire de BNP Paribas Real Estate affirmait même que « Le secteur des services de l’immobilier d’entreprise est en pleine révolution et nous comptons bien en être un leader innovant».

La diversité était donc au rendez-vous de l’édition 2016 du SIMI et l’innovation était présente à tous les étages et sous toutes ses formes.

>>> Découvrez toutes les offres de location de bureaux à Paris. 

Immeuble de demain : Un immeuble serviciel ?

Entre transformations et innovations, l’Immobilier comme d’autres industries auparavant, est en plein bouleversement. Les réflexions avancent à grands pas et la majorité des professionnels s’accordent pour remettre l’utilisateur au centre des débats et à considérer l’immeuble comme un service. On parle alors d’immeuble serviciel, expérientiel

Si les services à la personne investissent les entreprises depuis une quinzaine d’année environ, ils étaient souvent externalisés auprès de prestataires externes aux métiers différents, et n’étaient pas en cohérence avec les besoins réels des utilisateurs. Une enquête dévoilée sur le salon (Gallileo-Crédit Foncier – nov. 2016) a dévoilé que 24% des utilisateurs d’un immeuble n’étaient pas ou peu satisfaits des services dont ils bénéficiaient. La demande croissante des salariés en faveur d’un meilleur équilibre vie privée / vie professionnelle et l’optimisation des coûts immobiliers sont autant de raisons qui induisent une valorisation du patrimoine bâti par l’intégration d’un service global gérant des offres variées telles que des espaces de restauration, de coworking, des conciergeries, des salles de sport, des crèches…

L’immeuble de bureau de demain correspondra sûrement à l’hôtel d’aujourd’hui.

L’immeuble de bureau, pensé en termes d’usages, va profondément voir se modifier ses espaces et muter progressivement en lieu d’expérience. Les services, organisés autour de l’utilisateur, lui permettront de gagner en performance. Un modèle proche de celui de l’hôtellerie qui lui aussi est en pleine mutation.Sébastien Bazin, PDG d’Accorhotels a ainsi annoncé lors du SIMI 2016 qu’il souhaitait au travers de ses 4100 hôtels, offrir une nouvelle expérience à ses clients et ouvrir davantage l’immeuble à son environnement et aux non clients habituels de ses hôtels. Acheteur ou non, un visiteur devient client. Une véritable révolution ! Ainsi, l’avenir de l’immobilier s’envisage en termes d’usages et de services. Cet usage intervient à trois échelles :

  • Celle du territoire, de l’environnement ou du quartier puisque l’immeuble de demain se voit plus mixte et communiquant avec son environnement.
  • Celle du bâtiment, qui au travers des services apporte un nouveau souffle à l’actif.
  • Celle de la réversibilité des bâtiments, appelée à la valorisation des actifs.

La mixité d’usage de l’immeuble est par ailleurs la norme des nouveaux projets de construction et de restructuration à l’image de la Tour Triangle dans le 15ème arrondissement de Paris qui s’élèvera en 2020 et se mutera tour à tour en immeuble de bureaux, hôtel 4 étoiles, espace de coworking, commerces, crèches, centre de conférence, espace d’exposition culturelle…

Une tendance croissante portée par une demande des utilisateurs de plus en plus forte.

Cette mixité d’usage s’avère par ailleurs vertueuse. Elle permet aux utilisateurs de bureaux de profiter d’un maximum de services, de rationnaliser les coûts de construction en louant plusieurs fois les espaces pour des usages différents, de combiner production et consommation d’énergie entre bureaux et logements connectés en smart grid (réseau de distribution d’électricité intelligent). Au-delà d’un espace de travail, le bâtiment devient une ressource créatrice d’activités et d’économie de partage.

La réversibilité facilite aussi la transformation des immeubles mais elle ne peut s’appliquer à tous les immeubles, il faut qu’elle ait un sens.

Immobilier : innover… toujours !

L’innovation prend de multiples formes et agit aussi bien en termes de services, de management des espaces que de territoires.

Des services innovants en perpétuelle évolution

La notion de cœur de métier de l’immobilier à tendance à disparaître avec la prise en compte des attentes utilisateurs. Les services se développent et offrent de multiples opportunités. L’évolution des services et des entreprises fait du FM un vrai métier d’avenir (Facility Manager). Il devient créateur de valeur.

Ainsi, des services se développent pour mesurer le taux d’occupation des espaces de travail en temps réel, diminuer les nuisances sonores, recréer des ambiances sonores et lumineuses adaptées aux espaces…

Cependant, une évaluation continue de ces services est nécessaire pour en mesurer le bon fonctionnement et la satisfaction des utilisateurs.

Plusieurs questions se posent néanmoins : qui est le plus légitime pour apporter des services à l’immeuble ? Quelles sont les frontières du bâtiment ?

L’avènement des tiers-lieux  

En matière de management des espaces, les espaces de coworking et de corpoworking se développent fortement à l’instar de WeWork qui va ouvrir son 1er espace de coworking en France

Selon une récente étude de la Fonderie, la France se positionne au 3ème rang mondial en matière de nombre d’espaces de coworking derrière les Etats-Unis et l’Espagne. Il réside néanmoins une ambiguïté entre le développement de ces tiers lieux et du travail à distance, et l’émergence de ce phénomène de regroupement de compétences. Ces espaces deviennent des lieux de rencontre, d’échange et de réflexions communes. Ils recréent des réseaux locaux d’échanges et favorisent l’open-innovation.

Devant la multitude de ces espaces croissants, le cabinet de management de l’espace Génie des Lieux a annoncé sur le SIMI 2016 le lancement du 1er programme de recherche et d’expérimentation sur ces nouveaux environnements de travail, Génie Le Lab et ouvre deux tiers-lieux d’expérimentation à Paris.

Les initiatives du territoire

Les quartiers d’affaires sont particulièrement porteurs d’innovation. Grands groupes et start-ups y cohabitent et collaborent pour donner vie au nouveau visage de la ville.

Plusieurs réflexions ont été menées sur le SIMI 2016 entre investisseurs et métropoles afin de dynamiser davantage les territoires. L’une des solutions les plus plébiscitées : les rez-de-chaussée actifs. Cette solution préconise l’accueil de start-ups et d’artisans en pieds d’immeubles. Cependant le débat doit se poursuivre et nécessite une réflexion globale pour porter ce projet à grande échelle et de façon pérenne. Patrick Grégoire, Directeur du Projet Euromed II s’est montré tout particulièrement intéressé par cette vision de la ville de demain et l’envisage pour le développement d'Euroméditerranée.

Par ailleurs, ENGIE a lancé le CPU Building® (Contrat de Performance Universel). Il s’agit du premier Contrat de Performance des Usages d’un bâtiment qui place la satisfaction des occupants au cœur de la valorisation patrimoniale. Le titulaire du contrat s’engage à faire baisser la facture énergétique via services ou travaux. L’engagement sur des résultats se fait après rénovation.

Enfin, au regard de la réussite de l’opération « Réinventer Paris » conduite par la Mairie de Paris, la Métropole du Grand Paris a décidé de lancer un nouvel appel à projets international en faveur du développement de la qualité de vie urbaine intitulé « Inventons la Métropole ». 59 sites ont été retenus pour cette première cession allant de 800 m² à 32 hectares. De quoi permettre la création de véritables quartiers de villes. La date de remise des dossiers est portée au 13 janvier 2017. Affaire à suivre…

Autres articles susceptibles de vous intéresser :

Imprimer  |  Ajouter aux favoris

Réagissez !

Commentaires fermés 0 commentaire
  • Aucun commentaire

www.limmobilierdunmondequichange.fr/simi-2016-lhomme-dans-la-ville/ - 20-05-2019
L'immobilier d'un monde qui change, site édité par BNP Paribas Real Estate